Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence
Soprano Diana Damrau
Ténor Jonas Kaufmann
Piano Helmut Deutsch
Richard Strauss: (huit poèmes extraits des dernières feuilles) pour voix et piano sur des poèmes de Hermann von Gilm – Acht Gedichte aus, Letzte Blätter;
Gustav Mahler: Extrait (Le cor enchanté de l’enfant). pour voix et piano – Des Knaben Wunderhorn – Rückert-Lieder pour voix et piano;
Richard Strauss: Leises Lied, Sechs Lieder aus, Lotosblätter, Ich schwebe, Vier Lieder pour voix et piano
Gustav Mahler: Extrait (Le cor enchanté de l’enfant). pour voix et piano – Des Knaben Wunderhorn – Rückert-Lieder pour voix et piano;
Richard Strauss: Leises Lied, Sechs Lieder aus, Lotosblätter, Ich schwebe, Vier Lieder pour voix et piano
Aix-en-Provence, le 17 juillet 2025
Très attendu était le concert proposé par le Festival d’Art Lyrique d’Aix-en-Provence: Diana Damrau et Jonas Kaufman chantaient Strauss et Mahler accompagnés par le pianiste Helmut Deutsch; une affiche somptueuse dans un théâtre sold out. Ces trois artistes d’exception offraient un concert au Grand Théâtre de Provence au cours d’une tournée qui devait prendre s’achever à Salzbourg. Les amateurs de ces musiques délicates ne seraient pas déçus. Très à l’aise et très complices, la soprano et le ténor, tous deux allemands, allaient alterner ces chants suaves dans une diction et un style parfaits. Toujours en scène et formant un couple élégant, ils animeraient la scène avec nostalgie ou humour, esquissant même quelques pas de danse. Si les 2 compositeurs sont pratiquement contemporains, les œuvres présentées datent, elles aussi, à peu près, des mêmes époques, présentant quelques similitudes de style et de contenu poétique. Les voix de Diana Damrau, dans une superbe robe coq-de-roche, et de Jonas Kaufmann, dans une impeccable tenue de concert, se répondent dans une grande compréhension de style et de musicalité. Le ténor, fidèle à son esthétique musicale, adapte sa technique aux poèmes assombrissant sa voix jusque dans l’éclat des aigus tout en jouant les demi-teintes dans un falsetto murmuré. Sa voix s’accorde aux récits, passant de la nostalgie à la tendresse ou à l’humour montrant une certaine délicatesse dès le Zueignug d’entrée aux articulations délicates, ou le Liebeshymnus plus vaillant. Plus éclatante ou mutine est la soprano mimant les conversations, apportant malice, joie même, au “Schlagende Hersen” ou citant le bonheur avec élégance dans “Wie sollten wir geheim sie halten”. Évoquant alors les morts, “Allerseelen”, lent et triste amène l’émotion. Après
l’entracte, une robe aux tons de bleu est portée pour les Lieder de Gustav Mahler. Une valse lente jouée avec sensibilité par le pianiste introduit le “Rheinlegendchen” qui séduit par la finesse du chant aux sauts d’intervalles délicats. Toujours avec délicatesse “Ablösung im sommer”, parlant de la mort du coucou est plus nostalgique malgré la légèreté et la fraîcheur de la voix accompagnée par les notes perlées du piano. Très joli moment pour apprécier le timbre délicat de la voix dans “Es sungen drei engel einen süssen gesang” aux graves timbrés, thème que l’on retrouve dans la Symphonie N°3. Les Rückert-Lieder nous laissent apprécier la musicalité de Jonas Kaufmann, dont la tendresse et les pianissimi suivent les poèmes. Après le “Blicke mir nitch in die Lieder” vif et sonore, l’introduction par le piano dans une lenteur maîtrisée de “Ich bin der Welt abhanden gekommen” laisse toute latitude au chanteur d’exprimer, dans une grande sobriété et une ligne de chant sur le souffle, toute sa solitude et ses regrets. Un moment de perfection ! Avec “Wozu noch, Mädchen” il revient à Richard Strauss avec des aigus plus puissants. Sont-ils un peu forcés ? Mais c’est dans “Ruhe, meine Seele” que la voix du ténor allemand donne toute sa profondeur, s’étirant sur quelques syllabes dans une tristesse contenue aux graves soutenus. La soprano lui répond dans un “Morgen” lent et sentimental, introduit par un pianiste au toucher délicat, et chanté dans un vibrato maîtrisé et une ligne de chant au souffle soutenu. Les notes se font attendre et arrivent comme posées par une légère brise. C’est superbe ! Jonas Kaufmann termine sur “Cäcilie” ; chant puissant, comme effrayé, au texte projeté. 3 bis nous sont offerts. Piano joyeux et rythmes sonores pour “Trost im unglück en duo “Des Knaben wunderhorn” de Gustav Mahler. Joie, bonne humeur pour “Wiener blut”, ce Sang viennois de Johann Strauss qui laisse évoluer avec grâce le couple romantique pour deux tours de valse, et la chanson Spring wind” du britannique Eric Harding Thiman. Ce concert de rêve nous le devons aussi à la participation du pianiste Helmut Deutsch, partie intégrante de ce trio de luxe. Accompagnant les voix ? Pas simplement. Le pianiste, au toucher inimitable dont la musicalité transparait dans chaque note, a su mettre en valeur aussi bien les voix que sa partition qui, jouée par un autre, n’aurait pas eu, peut-être, la même portée. Cette petite mise en scène, aux mimiques complices, a donné un plus à ce concert apportant grâce et élégance dans une recherche d’équilibre. Un public conquis et un immense succès aux rappels multiples. Photo© Vincent Beaume
l’entracte, une robe aux tons de bleu est portée pour les Lieder de Gustav Mahler. Une valse lente jouée avec sensibilité par le pianiste introduit le “Rheinlegendchen” qui séduit par la finesse du chant aux sauts d’intervalles délicats. Toujours avec délicatesse “Ablösung im sommer”, parlant de la mort du coucou est plus nostalgique malgré la légèreté et la fraîcheur de la voix accompagnée par les notes perlées du piano. Très joli moment pour apprécier le timbre délicat de la voix dans “Es sungen drei engel einen süssen gesang” aux graves timbrés, thème que l’on retrouve dans la Symphonie N°3. Les Rückert-Lieder nous laissent apprécier la musicalité de Jonas Kaufmann, dont la tendresse et les pianissimi suivent les poèmes. Après le “Blicke mir nitch in die Lieder” vif et sonore, l’introduction par le piano dans une lenteur maîtrisée de “Ich bin der Welt abhanden gekommen” laisse toute latitude au chanteur d’exprimer, dans une grande sobriété et une ligne de chant sur le souffle, toute sa solitude et ses regrets. Un moment de perfection ! Avec “Wozu noch, Mädchen” il revient à Richard Strauss avec des aigus plus puissants. Sont-ils un peu forcés ? Mais c’est dans “Ruhe, meine Seele” que la voix du ténor allemand donne toute sa profondeur, s’étirant sur quelques syllabes dans une tristesse contenue aux graves soutenus. La soprano lui répond dans un “Morgen” lent et sentimental, introduit par un pianiste au toucher délicat, et chanté dans un vibrato maîtrisé et une ligne de chant au souffle soutenu. Les notes se font attendre et arrivent comme posées par une légère brise. C’est superbe ! Jonas Kaufmann termine sur “Cäcilie” ; chant puissant, comme effrayé, au texte projeté. 3 bis nous sont offerts. Piano joyeux et rythmes sonores pour “Trost im unglück en duo “Des Knaben wunderhorn” de Gustav Mahler. Joie, bonne humeur pour “Wiener blut”, ce Sang viennois de Johann Strauss qui laisse évoluer avec grâce le couple romantique pour deux tours de valse, et la chanson Spring wind” du britannique Eric Harding Thiman. Ce concert de rêve nous le devons aussi à la participation du pianiste Helmut Deutsch, partie intégrante de ce trio de luxe. Accompagnant les voix ? Pas simplement. Le pianiste, au toucher inimitable dont la musicalité transparait dans chaque note, a su mettre en valeur aussi bien les voix que sa partition qui, jouée par un autre, n’aurait pas eu, peut-être, la même portée. Cette petite mise en scène, aux mimiques complices, a donné un plus à ce concert apportant grâce et élégance dans une recherche d’équilibre. Un public conquis et un immense succès aux rappels multiples. Photo© Vincent Beaume