Opéra de Marseille, Musiques interdites 2025
Orchestre Philharmonique et Chœur de l’Opéra de Marseille
Orchestre Philharmonique et Chœur de l’Opéra de Marseille
Direction musicale Michele Spotti
Soprano Irina Stopina
Mezzo-soprano Aude Extremo
Gustav Mahler: Symphonie n° 2 “Résurrection”
Marseille, le 23 novembre 2025
Marseille, le 23 novembre 2025
Dans le cadre du XXème Festival Musiques Interdites, la 2ème symphonie de Gustav Mahler (considéré comme compositeur dégénéré par le régime nazi) était proposée à l’Opéra de Marseille en cet après-midi du 23 novembre. Œuvre puissante où le compositeur s’interroge et se dévoile dans une exploration très intériorisée. Gustav Mahler débute cette composition en même temps que la 1ère symphonie, mais il lui faudra 6 ans pour la terminer. Elle sera jouée, pour sa première fois à New-York, en 1908 puis à Paris en 1910. Gustav Mahler aime particulièrement cette symphonie dans laquelle il inclue les voix pour la première fois avec un Chœur en apothéose dans un final monumental. Il s’y retrouve dans le désordre de ses émotions avec ses doutes et ses ébauches de bonheur alors qu’il va se convertir au catholicisme. Si la résurrection est
l’apogée de sa nouvelle religion, il ne s’est pas départi des doutes et questionnements inhérents à sa judaïté. Dans cette orchestration très fournie, pas moins de 10 cors, 10 trompettes, 4 trombones et 1 contre tuba, entre autres, on peut imaginer les explosions de puissance dont rêvait Gustav Mahler. Cette symphonie tant appréciée par le compositeur, il la dirigera 13 fois, ne fut pas très bien reçue lors de sa présentation à Berlin en 1895 et les critiques ne furent pas tendres, Claude Debussy, Hans von Bülow… C’est pourtant lors des obsèques de ce dernier que l’Ode de F.G. Klopstock entendue ce jour-là inspirera le Final de cette symphonie alors que Totenfreier (célébration funèbre) a été composé depuis longtemps. Chacun des 5 mouvements qui composent cette œuvre est le reflet de ses états d’âme. Gustav Mahler évoque-t-il la vie des morts ou parle-t-il de la sienne dans sa spiritualité et la révélation de sa foi chrétienne ? On ne peut dissocier sa musique de ses propres sentiments tant elle est personnelle. La salle comble de l’Opéra de Marseille démontre combien Gustav Mahler est apprécié ; sa musique, dans ses doutes et ses hésitations, est sans doute une des plus sincères.
l’apogée de sa nouvelle religion, il ne s’est pas départi des doutes et questionnements inhérents à sa judaïté. Dans cette orchestration très fournie, pas moins de 10 cors, 10 trompettes, 4 trombones et 1 contre tuba, entre autres, on peut imaginer les explosions de puissance dont rêvait Gustav Mahler. Cette symphonie tant appréciée par le compositeur, il la dirigera 13 fois, ne fut pas très bien reçue lors de sa présentation à Berlin en 1895 et les critiques ne furent pas tendres, Claude Debussy, Hans von Bülow… C’est pourtant lors des obsèques de ce dernier que l’Ode de F.G. Klopstock entendue ce jour-là inspirera le Final de cette symphonie alors que Totenfreier (célébration funèbre) a été composé depuis longtemps. Chacun des 5 mouvements qui composent cette œuvre est le reflet de ses états d’âme. Gustav Mahler évoque-t-il la vie des morts ou parle-t-il de la sienne dans sa spiritualité et la révélation de sa foi chrétienne ? On ne peut dissocier sa musique de ses propres sentiments tant elle est personnelle. La salle comble de l’Opéra de Marseille démontre combien Gustav Mahler est apprécié ; sa musique, dans ses doutes et ses hésitations, est sans doute une des plus sincères.Après l’écoute de cette symphonie dans le cadre du Festival d’Aix-en-Provence en juillet 2022 où le metteur en scène Romeo Castellucci avait trouvé bon de reléguer musiciens et chanteurs dans la fosse d’orchestre, rendant invisible le chef d’orchestre, pour mettre en scène cheval et cadavres déterrés, nous sommes heureux d’entrer ici en vibrations avec l’Orchestre Philharmonique de Marseille au meilleur de sa forme, sublimé par la direction habitée de Michele Spotti. Le chef d’orchestre a su trouver les sonorités et les intensités qui rendent présents les sentiments d’un Gustav Mahler torturé mais sensible
aux éclairs de lumière. Dès les premiers accords ataca le ton est donné, et, comme dans toute la musique du compositeur, les ambiances, les atmosphères peuvent changer en une seule mesure. Sans violence mais souvent avec force, le maestro trouve les ruptures, les enchaînements, passant avec souplesse d’un choral de cuivres religieux à l’accompagnement délicat de la voix profonde d’Aude Extremo aux paroles rédemptrices soutenues par le son pur du hautbois. Les temps sont suspendus…pour peu de temps, les démons ont rattrapé Gustav Mahler. Michele Spotti semble être entré en correspondance avec le compositeur et ses sentiments en perpétuelles fluctuations. L’orchestre, prolongement de sa baguette, suit avec souplesse et passe d’une valse légère aux glissandi bien amenés, au battuto des archets qui se transforme en spiccato plus sonore. Le maestro laisse libre cours aux sonorités de chaque famille d’instruments, des trombones aux sons parfois veloutés aux trompettes triomphantes sans excès alors que les timbales nous ramènent à une réalité plus effrayante. Une belle cohérence aussi dans les sonorités des musiciens de coulisse comme un appel, la réponse du piccolo nous plongeant dans un de ces instants bucoliques chers au compositeur. Rien de séquentiel dans cette direction qui laisse le Chœur chanter pianissimo dans un a cappella d’une grande religiosité. Instant de paix et d’immortalité avec la voix limpide de la soprano Irina Stopina qui transcende sentiments et paroles d’espoir dans un crescendo coloré pour un duo équilibré des deux voix. Résurrection éclatante dans un chœur sonore à l’unisson de l’orchestre. De la musique pure, des émotions bouleversantes dans une direction où transpire la jeunesse, la fougue, mais déjà au service du compositeur. Une interprétation d’une grande cohérence sous la baguette de Michele Spotti, où chœur, voix et orchestre, ont soulevé la ferveur du public.
aux éclairs de lumière. Dès les premiers accords ataca le ton est donné, et, comme dans toute la musique du compositeur, les ambiances, les atmosphères peuvent changer en une seule mesure. Sans violence mais souvent avec force, le maestro trouve les ruptures, les enchaînements, passant avec souplesse d’un choral de cuivres religieux à l’accompagnement délicat de la voix profonde d’Aude Extremo aux paroles rédemptrices soutenues par le son pur du hautbois. Les temps sont suspendus…pour peu de temps, les démons ont rattrapé Gustav Mahler. Michele Spotti semble être entré en correspondance avec le compositeur et ses sentiments en perpétuelles fluctuations. L’orchestre, prolongement de sa baguette, suit avec souplesse et passe d’une valse légère aux glissandi bien amenés, au battuto des archets qui se transforme en spiccato plus sonore. Le maestro laisse libre cours aux sonorités de chaque famille d’instruments, des trombones aux sons parfois veloutés aux trompettes triomphantes sans excès alors que les timbales nous ramènent à une réalité plus effrayante. Une belle cohérence aussi dans les sonorités des musiciens de coulisse comme un appel, la réponse du piccolo nous plongeant dans un de ces instants bucoliques chers au compositeur. Rien de séquentiel dans cette direction qui laisse le Chœur chanter pianissimo dans un a cappella d’une grande religiosité. Instant de paix et d’immortalité avec la voix limpide de la soprano Irina Stopina qui transcende sentiments et paroles d’espoir dans un crescendo coloré pour un duo équilibré des deux voix. Résurrection éclatante dans un chœur sonore à l’unisson de l’orchestre. De la musique pure, des émotions bouleversantes dans une direction où transpire la jeunesse, la fougue, mais déjà au service du compositeur. Une interprétation d’une grande cohérence sous la baguette de Michele Spotti, où chœur, voix et orchestre, ont soulevé la ferveur du public.