Théâtre du Capitole – Toulouse, saison 2025/2026
“LUCIA DI LAMMERMOOR”
Opéra en deux parties et trois actes sur un livret de Salvadore Cammarano
Musique de Gaetano Donizetti
Lucia JESSICA PRATT
Edgardo PENE PATI
Enrico LIONEL LHOTE
Lord Arturo VALENTIN THILL
Raimondo MICHELE PERTUSI
Normano FABIEN HYON
Alisa IRINA SHERAZADISHVILI
Orchestre national du Capitole
Chœur de l’Opéra national du Capitole
Direction musicale Fabrizio Maria Carminati
Mise en scène Nicolas Joel reprise de la mise en scène Stephen Taylor
Scénographie Ezio Frigerio
Costumes Franca Squarciapino
Lumières Vinicio Cheli reprise des lumières Jacopo Pantani
Toulouse, 20 février 2026
Actuel directeur artistique du Théâtre du Capitole, Christophe Ghristi s’adresse au public avant le lever du rideau pour dédier la représentation à la mémoire de José van Dam, disparu quelques jours auparavant. Il rappelle les venues du baryton-basse belge in loco, ainsi que les très nombreuses participations aux enregistrements réalisés à l’époque par
les forces du Capitole de Toulouse, sous la baguette de Michel Plasson. On replonge d’ailleurs ce soir dans cette époque avec la reprise de la production de Nicolas Joël, créée en 1998, pendant les presque deux décennies où il fut directeur de la maison, de 1990 à 2009. Même si certaines toiles peintes font plutôt vintage pour un public de 2026, les décors d’Ezio Frigerio ravissent l’œil, dans un dispositif assez simple de six colonnes aux deux faces, soit minérales, tout comme la paroi de fond de plateau à l’aspect de rocher, soit brillantes et dorées pour les scènes d’intérieur au château. Les costumes de Franca Squarciapino sont complètement d’époque, mais il n’est pas interdit de sourire à la vue des perruques des messieurs, plusieurs chapeaux à bord large nous évoquant par ailleurs davantage Les Trois Mousquetaires que l’Écosse du livret. Au sein d’une brillante distribution vocale, la Lucia de Jessica Pratt est sans conteste la reine de la soirée. Dès son air d’entrée «Regnava nel silenzio», on apprécie sa parfaite musicalité, ainsi que sa technique belcantiste hors pair, variant à loisir les nuances forte – piano et maîtrisant les passages d’agilité, entre vaillantes vocalises, petites notes piquées et trilles suspendus. La soprano n’est pas avare non plus en aigus, ponctuant d’ailleurs chaque fin de duo avec un protagoniste par un suraigu stratosphérique. Sa grande scène de la Folie du III est logiquement le sommet de
la soirée, où l’on se dit que Jessica Pratt a atteint la plénitude de son art, pas seulement en termes de moyens vocaux, mais aussi de jeu théâtral. Sa Lucia fait en effet réellement peur par instants, avant qu’elle ne tienne longtemps son aigu final, avec détermination. La présence de Pene Pati à ses côtés fait évènement, même si le ténor samoan se montre légèrement inconstant par séquences. Sa voix solaire et capable de largeur dans le médium, tout autant que de délicatesse, fait merveille pour la plupart de ses interventions. Mais ses notes les plus aigues sont régulièrement embarrassées d’un
“vibratello” plutôt désagréable à l’oreille, même si le chanteur pallie parfois ce problème par l’utilisation de la voix de tête. Avec du mordant dans le style, le baryton belge Lionel Lhote donne une méchanceté supplémentaire à Enrico, noircissant son registre grave parfois légèrement limité par endroits et donnant en revanche beaucoup d’ampleur à la moitié supérieure de la voix. Avec sa perruque aux longs cheveux, ce n’est que lorsqu’il commence à chanter qu’on reconnaît Michele Pertusi, voix toujours bien projetée et autoritaire, parfois un peu moins confortable dans le grave profond, mais qui garde son vibrato sous un excellent contrôle. L’Arturo à l’aigu vaillant Valentin Thill complète, ainsi que l’autre ténor Fabien Hyon en Normano et la mezzo Irina Sherazadishvili en en Alisa, dont le timbre sombre contraste avec celui de Jessica Pratt dans la scène du parc du château. Remplaçant José Miguel Pérez-Sierra qui a dû se retirer pour raisons de santé, le chef Fabrizio Maria Carminati conduit l’ensemble avec qualité, se mettant en priorité au service des chanteurs. Il marque ponctuellement des contrastes entre tempi, par exemple pour la fin du duo Lucia – Edgardo « Verranno a te sull’aure », prise d’abord très lentement, avant une franche accélération. Le Chœur de l’Opéra national du Capitole intervient par ailleurs avec enthousiasme et homogénéité sonore. Photo Mirco Magliocca
les forces du Capitole de Toulouse, sous la baguette de Michel Plasson. On replonge d’ailleurs ce soir dans cette époque avec la reprise de la production de Nicolas Joël, créée en 1998, pendant les presque deux décennies où il fut directeur de la maison, de 1990 à 2009. Même si certaines toiles peintes font plutôt vintage pour un public de 2026, les décors d’Ezio Frigerio ravissent l’œil, dans un dispositif assez simple de six colonnes aux deux faces, soit minérales, tout comme la paroi de fond de plateau à l’aspect de rocher, soit brillantes et dorées pour les scènes d’intérieur au château. Les costumes de Franca Squarciapino sont complètement d’époque, mais il n’est pas interdit de sourire à la vue des perruques des messieurs, plusieurs chapeaux à bord large nous évoquant par ailleurs davantage Les Trois Mousquetaires que l’Écosse du livret. Au sein d’une brillante distribution vocale, la Lucia de Jessica Pratt est sans conteste la reine de la soirée. Dès son air d’entrée «Regnava nel silenzio», on apprécie sa parfaite musicalité, ainsi que sa technique belcantiste hors pair, variant à loisir les nuances forte – piano et maîtrisant les passages d’agilité, entre vaillantes vocalises, petites notes piquées et trilles suspendus. La soprano n’est pas avare non plus en aigus, ponctuant d’ailleurs chaque fin de duo avec un protagoniste par un suraigu stratosphérique. Sa grande scène de la Folie du III est logiquement le sommet de
la soirée, où l’on se dit que Jessica Pratt a atteint la plénitude de son art, pas seulement en termes de moyens vocaux, mais aussi de jeu théâtral. Sa Lucia fait en effet réellement peur par instants, avant qu’elle ne tienne longtemps son aigu final, avec détermination. La présence de Pene Pati à ses côtés fait évènement, même si le ténor samoan se montre légèrement inconstant par séquences. Sa voix solaire et capable de largeur dans le médium, tout autant que de délicatesse, fait merveille pour la plupart de ses interventions. Mais ses notes les plus aigues sont régulièrement embarrassées d’un
“vibratello” plutôt désagréable à l’oreille, même si le chanteur pallie parfois ce problème par l’utilisation de la voix de tête. Avec du mordant dans le style, le baryton belge Lionel Lhote donne une méchanceté supplémentaire à Enrico, noircissant son registre grave parfois légèrement limité par endroits et donnant en revanche beaucoup d’ampleur à la moitié supérieure de la voix. Avec sa perruque aux longs cheveux, ce n’est que lorsqu’il commence à chanter qu’on reconnaît Michele Pertusi, voix toujours bien projetée et autoritaire, parfois un peu moins confortable dans le grave profond, mais qui garde son vibrato sous un excellent contrôle. L’Arturo à l’aigu vaillant Valentin Thill complète, ainsi que l’autre ténor Fabien Hyon en Normano et la mezzo Irina Sherazadishvili en en Alisa, dont le timbre sombre contraste avec celui de Jessica Pratt dans la scène du parc du château. Remplaçant José Miguel Pérez-Sierra qui a dû se retirer pour raisons de santé, le chef Fabrizio Maria Carminati conduit l’ensemble avec qualité, se mettant en priorité au service des chanteurs. Il marque ponctuellement des contrastes entre tempi, par exemple pour la fin du duo Lucia – Edgardo « Verranno a te sull’aure », prise d’abord très lentement, avant une franche accélération. Le Chœur de l’Opéra national du Capitole intervient par ailleurs avec enthousiasme et homogénéité sonore. Photo Mirco Magliocca